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Claude Lamothe est psychologue au Centre de traitement et de
réadaptation de Nemours à Charlesbourg, près de Québec et pratique
également en bureau privé. Il a travaillé pendant 30 ans auprès des
jeunes, principalement dans les centres d’accueil.
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Quel est le rôle du psychologue ?
C’est d’aider la personne à avoir accès à ce qu’elle vit intérieurement par rapport aux aspects
affectifs et émotifs de sa vie quotidienne.
Comment fait-on pour trouver un psychologue ?
À l’école, dans les CLSC ou à l’Ordre des psychologues. Je crois aussi beaucoup au bouche-à-oreille.
Si on est référé par quelqu’un qu’on connaît, c’est un bon point de départ car c’est une
relation de confiance qui est à établir.
Selon vous, quand devrait-on consulter ?
Quand on est troublé dans notre quotidien depuis un certain temps, lorsqu’on commence à
avoir de la misère à dormir, à manger ou à faire nos activités habituelles et qu’on perd le
goût des choses qui nous plaisaient auparavant.
Est-ce qu’on doit toujours être couché sur un divan pendant une consultation ?
Non, pas forcément. Le divan est utilisé en psychanalyse ; c’est un moyen de se retrouver
face à soi-même en étant le moins dérangé possible par la présence de quelqu’un d’autre.
Personnellement, je travaille en face à face, si possible avec une table entre les deux. Ça
permet symboliquement de « mettre sur la table » le problème.
Si le contact n’est pas bon avec le psychologue, peut-on en chercher un autre ?
En fait, il faut se poser la question : est-ce que c’est le contact avec le psychologue qui n’est
pas bon, ou est-ce la situation qui est délicate à aborder et qui donne le goût de ne pas être
là ou de changer de psychologue ? C’est important d’en parler. Si ça ne convient toujours pas,
alors on peut choisir d’aller voir quelqu’un d’autre. On a tendance à voir ça négativement, mais
ce n’est pas nécessairement un échec : c’est une expérience dont on apprend.
On s’attend parfois à ce que le psychologue nous donne tout de suite la réponse...
Ce n’est pas anormal d’avoir cette attente mais il ne faut pas s’enfermer là-dedans. C’est un
travail que la personne fait elle-même vis-à-vis de sa vie. Elle se fait aider par le
psychologue, mais ce n’est pas lui qui va le faire à sa place.
Pour un jeune qui n’a jamais consulté, est-ce gênant de faire ce premier pas ?
Ça dépend des gens. Pour une personne qui est à l’aise avec des étrangers, il n’y a pas de
problème. Pour une personne qui est plus timide, ça va être un peu plus difficile. C’est
différent d’une personne à l’autre et ça varie aussi en fonction de ce que la personne vit.
Pourquoi certaines personnes ont une réticence ou une honte à consulter ?
Aller consulter, c’est s’ouvrir sur son intimité. Je pense que c’est tout à fait normal d’avoir
une réticence. Quant à la peur du regard des autres, c’est souvent notre propre peur qu’on
met sur le dos des autres. Ce n’est jamais évident de demander de l’aide, que ce soit sur le
plan psychologique ou sur le plan physique. Ça prend du temps pour voir que demander et
recevoir, ce n’est pas si difficile que ça.
Est-ce que le psychologue va répéter aux parents ce que le jeune lui confie ?
La confidentialité, c’est sacré. Le psychologue ne peut répéter, ni aux parents, ni à
quiconque, ce qui se passe dans les rencontres sans l’autorisation de la personne qui consulte.
Par contre, quand c’est une question de vie ou de mort, j’ai une responsabilité, une obligation
d’aller chercher le maximum de moyens disponibles pour aider la personne. Je vais lui en
parler et si elle refuse, je risque de devoir le faire malgré tout.
Est-ce que les parents peuvent accompagner leur enfant à une consultation ?
Seulement si le jeune le veut. Je vais toujours m’assurer qu’il n’est pas en train de se
soumettre à une demande des parents. Il faut mettre ça au clair et bien faire comprendre au
jeune que cette rencontre, que ce temps, lui appartient.
Est-ce qu’un ami peut remplacer un psychologue ?
L’ami peut être une personne majeure au quotidien pour aider quelqu’un, mais il a des limites.
L’inconvénient de l’ami est qu’il risque d’être pris émotivement par une situation, surtout si ce
qu’on lui met sur le dos est trop lourd. Parfois, les amis ouvrent les bras très grands mais
peuvent se retrouver enlisés eux aussi. Le psychologue a une distance que l’ami n’a pas.
Que diriez-vous à un jeune qui hésite à consulter ?
Il peut en parler avec d’autres personnes qui ont consulté pour savoir comment ils l’ont vécu
et comment ça s’est passé ; ça peut l’aider dans sa réflexion. Il peut aussi se donner la
chance d’essayer. Le pire qu’il puisse arriver, c’est que cela ne lui convienne pas. L’avantage
de consulter est qu’on sort de l’imaginaire pour passer au réel. L’important, c’est également
de se donner le temps.
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