ENTREVUE AVEC SARAH BOYTE

 

Âgée de 17 ans, Sarah Boyte est étudiante et animatrice du Programme Jeunes au congrès Espoir Famille. Sa mère est atteinte de SP et est aussi très impliquée à différents niveaux de la Société de la SP.



Quel âge avais-tu quand tu as appris que ta mère avait la SP ?
Je devais avoir 5 ans quand ma mère m’a dit qu’elle avait une maladie : la sclérose en plaques.

Comment as-tu réagi ?
Ça ne m’a pas fait grand chose car j’étais jeune. Je ne l’ai pas appris comme si c’était un drame familial. Je pense que ma mère était vraiment prête à me le dire. Elle a abordé ça d’une manière légère, ce n’était pas paniquant. Je trouvais juste que le mot « sclérose en plaques » était drôle.

Est-ce qu’en grandissant, tu as voulu en savoir plus sur la maladie ?
Oui, surtout que ma mère nous a toujours impliqués, mon père et moi, dans le bénévolat. En première année, je participais à la Campagne de l’œillet. J’ai vite appris ce que c’était et je côtoyais aussi d’autres personnes atteintes. J’ai vu des personnes en fauteuil roulant, mais ma mère, elle, ça ne paraissait pas.

Comment t’es-tu informée sur la SP ?
J’ai lu des brochures pour les jeunes, j’ai regardé des vidéos et j’ai aussi rencontré une infirmière à qui j’ai pu poser des questions. J’ai participé au congrès Espoir Famille pendant plusieurs années.

Avais-tu des craintes par rapport à la SP ?
Pas quand j’étais petite, mais au début de l’adolescence, j’avais de la peine pour ma mère de la voir limitée par rapport à mon père et moi, qui sommes très actifs. J’ai aussi eu peur d’avoir la SP. J’ai été malade à un moment donné et je pensais que j’avais les symptômes de la SP.

Est-ce que tu discutais de la SP avec tes amis ?
Oui, surtout quand j’avais peur d’avoir la SP ou quand j’avais de la peine pour ma mère. Mais c’est aussi avec ma mère que j’avais de belles discussions car elle arrivait à me rassurer.

As-tu déjà été gênée de parler de la maladie de ta mère à d’autres personnes ?
Non, pas du tout. Je vois que bien d’autres familles ont elles aussi des problèmes, par exemple l’alcoolisme ou encore les maladies mentales. C’est juste différent.

À la maison, as-tu été amenée à faire plus de tâches ?
Ça dépend des moments ; c’est plus dans les périodes où ma mère fait des poussées que l’on se répartit les tâches, mon père et moi. Je fais les courses, la récupération, la vaisselle et j’aide pour les repas. Ça ne me dérange pas et je n’ai pas l’impression que j’en fais vraiment plus que la moyenne du monde.

Est-ce que vous faites encore des activités ou des sorties en famille ?

Oui bien sûr. En fait, la plupart des sorties sont des soupers avec la famille ou les amis. On essaye de s’organiser quelque chose chaque semaine.

T’es-tu impliquée bénévolement dans d’autres activités pour la SP ?
Oui, mis à part la Campagne de l’œillet, je me suis impliquée dans la Marche de l’eSPoir. Je dirigeais les gens sur le trajet et je donnais des lunchs. J’ai également été hôtesse dans des conférences et dans des congrès.

Qu’est-ce que tu aimais dans le congrès quand tu étais participante ?
J’aimais les activités qu’on faisait avec d’autres jeunes et les animateurs qui étaient très dynamiques. J’appréciais aussi pouvoir passer une fin de semaine complète à l’extérieur de la maison, ça faisait du bien.

Et maintenant, en tant qu’animatrice au congrès, en quoi consiste ton rôle ?

J’anime des ateliers sur la SP pour les enfants. J’essaie de leur expliquer ce qu’est la SP et surtout de les mettre en contact entre eux pour qu’ils puissent parler s’ils en ressentent le besoin. Je m’assure aussi qu’ils aient du « fun » et qu’ils n’aient pas l’impression d’être à l’école. Je souhaite qu’ils s’intéressent à la maladie et qu’ils veuillent en savoir plus.

Que dirais-tu à un jeune qui apprend que son père ou sa mère a la SP ?
Je lui dirais de s’informer le plus possible parce que quand on s’informe, on se rend compte qu’on peut avoir des outils pour bien vivre avec la maladie. C’est comme n’importe quoi, il faut bien savoir de quoi on parle pour pouvoir y faire face.

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