TÉMOIGNAGE DE CAROLINE LAMARRE



Caroline Lamarre te confie un témoignage qu’elle a écrit à l’âge de 12 ans pour un exposé oral à l’école. Tu te reconnaîtras peut-être dans ce récit, rempli d’émotions mais également d’espoir.


Les nerfs à fleur de peau.

Ma mère est atteinte d'une maladie qui attaque le système nerveux central. Cette maladie s'appelle la sclérose en plaques. Lorsqu'elle a su la mauvaise nouvelle, j'avais 10 ans. Eh bien il y a une chose que je peux vous dire, c'est qu'elle m'a fait beaucoup de peine, surtout lorsqu'elle fait une poussée et qu'elle est à l'hôpital. Ensuite deux à trois mois de repos et de rééducation à la maison pour guérir.

Au début, je croyais que c'était une maladie inoffensive que tous les grands médecins pouvaient guérir. Eh bien, lorsque ma mère a fait sa première poussée de sclérose, j'ai tout de suite réalisé que ce n'était pas qu'une petite maladie inoffensive mais quelque chose de plus grave, de plus menaçant. C'est à partir de ce jour que j'ai compris que ma mère avait besoin de moi, de mon aide.

Alors, tenez vos tuques parce que nous les enfants, on prend la relève. Le lavage, les repas et tout le tralala…. Je me sens fière de relever ce défi, parce que c'est beaucoup d'ouvrage de prendre la place d'un adulte !!! Mais, c'est quand même pas très facile car je ne dois rien laisser traîner, ma mère pourrait trébucher et se faire gravement mal. C'est très frustrant, parce que si j'ai le malheur d'oublier quelque chose, mon père se choque !

Au début je me répétais tout le temps, c'est quand que ça va guérir ? Eh bien, lorsque ma mère m’a dit qu'ils n'ont pas encore trouvé de remède, je me suis désespérée, c'est comme si c'était la fin du monde ! Mais aujourd'hui ils ont trouvé un médicament pour ralentir la maladie, ça m’a fait une sorte d'encouragement. C'est comme si le monde venait de repartir à nouveau !

Parfois, j'en veux à ma mère car elle ne peut pas aller me reconduire partout où les mères de mes amis le font. Mais je me sens mal de lui en vouloir parce que dans le fond, c'est pas de sa faute. Lorsque j'en parle à mes amis, en général ils comprennent bien. Parfois ça me fait du bien d’en parler. Il faut quand même penser positif sinon on ira pas très loin dans la vie !

J'ai une question pour vous. Pourquoi cette maladie est tombée sur MA mère ? Il me semble qu'il y a un million de mères au monde. Malchanceux comme nous sommes, c'est bien elle qui l'a attrapée ! Dire que ma mère n'est pas comme les autres, ça me fait de la peine. Mais dire que sa maladie ne raccourcit pas sa vie, m'encourage.

Je me suis finalement rendue compte que je n'étais pas seule au monde et que les autres pouvaient m'aider, même si ce n'était qu'en m'écoutant. Aujourd'hui je prends la vie comme elle vient. Je me dis qu'il faut faire toujours de notre possible et qu’il ne sert à rien de s'inquiéter continuellement...

Caroline

Haut de page